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  • Génération 2

Siclo : une affaire qui roule

Mis à jour : 22 mai 2019

Siclo est une entreprise vietnamienne fondée par Maxime et Eric qui se sont rencontrés 6 ans plus tôt. Ils sont animés par leur passion pour l’innovation et l’informatique mais aussi par leur appétence à créer une culture d’entreprise qui permette aux talents de s’exprimer.


Après nous avoir fait faire un tour des lieux, intelligemment pensés, conciliant espaces de repos et bureaux assis et debout, Éric nous invite à boire un café pour échanger à propos de Siclo. L’entreprise, qui a soufflé seulement deux bougies, se démarque par la qualité du travail qu’elle fournit à ses clients. Qui dit bon travail dit bonne équipe ! En effet, l’aspect qualitatif est au cœur de l’entreprise. Pour être à la pointe de ce qu’il se fait, Éric nous explique que les employés de Siclo consacrent une part relativement importante de leur temps à l’apprentissage. Celui-ci peut être solitaire ou collaboratif. Les collaborateurs ont accès à des ressources en ligne et publient leurs propres travaux en open source. Un système de mentoring a aussi été mis en place entre les développeurs « juniors » et les « seniors ». Le « senior » propose un problème et regarde comment le « junior » le résout, il le guide si besoin pour gagner en productivité. Aussi, des « cas » sont parfois demandés à certains collaborateurs qui explorent une problématique et présentent par la suite au reste de l’équipe le résultat de leurs recherches. L’idée initiale était de bloquer une matinée par semaine pour l’apprentissage mais Éric, en toute transparence, nous avoue qu’il est difficile de se tenir à ce programme figé et que c’est dorénavant moins cadré. D’ailleurs la question du « process » est souvent revenue lors de notre discussion, Éric le condamne est préfère conserver davantage d’agilité plutôt qu’établir des méthodes et procédures figées, quand cela est possible bien sûr.

Siclo est une entreprise intéressante car elle a pris conscience des problématiques du pays dans lequel elle évolue et cherche à y répondre de la meilleure manière. Comme nous l’explique Eric, au Vietnam, une forte pression est exercée sur les enfants afin qu’ils réussissent leurs études, dans un système éducatif laissant peu de place à la créativité et à l’autonomie. Prenant le contre-point de cette dynamique négative pour une entreprise d’IT, Siclo accompagne chaque employé pour développer ces 2 éléments. En plus de la part importante consacrée à l’apprentissage par l’exemple, comme nous l’avons vu, Siclo a misé sur la mixité entre les Vietnamiens et les Occidentaux. Comme un vélo a besoin de deux roues, Siclo s’appuie sur ces deux réservoirs de talents pour avancer. L’objectif recherché est le co-apprentissage, chacun doit apprendre de la culture de l’autre et éviter tout jugement. Les différences culturelles peuvent être mises en exergue par exemple par les traditions funéraires. Ainsi, à l’inverse des enterrements français, les funérailles vietnamiennes sont traditionnellement festives, bruyantes et les tenues sont colorées. Pour faire de ces différences culturelles une source d’apprentissage et de création, l’entreprise s’appuie sur les Viet kieu. Ce sont des Vietnamiens qui, après avoir vécu à l’étranger, reviennent au Vietnam. Ils permettent de créer des ponts entre les deux cultures et facilitent la communication et la compréhension entre les employés. D’ailleurs Eric nous annonce être en train de concevoir, avec l’aide d’une consultante Viet kieu, un programme sur mesure afin d’améliorer l’échange et la compréhension entre Vietnamiens et Occidentaux. L’autonomie est aussi encouragée par un environnement de travail ouvert. Reconnaissant que chacun a des cycles biologiques différents, les horaires de travail ont été supprimés. Les équipes sont autorégulées, et leurs membres définissent ensemble leurs règles de travail au début de chaque projet. Cette décision collective accroît la légitimité des règles fixées et accentue la responsabilisation et l’autonomie des membres de l’équipe. Le cadre de travail permet aux talents de s’épanouir et de progresser. Ainsi, dans un pays où le turnover est fort, Siclo arrive à conserver ses talents tout en ne cédant pas à la guerre des salaires.


La progression est soutenue par des feedbacks continus et par un accent mis sur la reconnaissance. Comme beaucoup d’entreprises, Siclo utilise quotidiennement Slack, une plateforme de travail collaboratif. En plus de ses fonctions traditionnelles, les fondateurs ont intégré à l’application une fonction assez intéressante. Dans une conversation regroupant tout le monde, les collaborateurs partagent leurs remerciements pour le travail effectué par un collaborateur en distribuant un smiley « taco ». Ainsi, les journées sont ponctuées par des distributions de tacos qui louent les efforts d’un collaborateur. Ces remerciements publics qui viennent récompenser un travail de qualité, une action ou une attitude positive sont un moteur qui nourrit la motivation de chacun. Les tacos sont comptabilisés dans une cagnotte personnelle et peuvent être échangés dans une « boutique » dédiée, contre des accessoires pour ordinateur, des sorties entre collègues etc. Eric nous explique que les résultats sont très positifs, beaucoup sont fiers de leur travail, heureux d’obtenir un « taco » et heureux d’en distribuer. Plusieurs éléments soutiennent la réussite de cette fonction. Tout d’abord, les distributions de tacos sont publiques et visibles par tous. Ensuite, il ne peut pas exister de motivation pécuniaire à l’obtention de tacos, les récompenses sont calibrées de sorte à ne pas être trop onéreuses. Enfin, le nombre de tacos que l’on peut distribuer par jour est limité. Si la distribution de nourriture peut prendre une forme virtuelle, il ne faut pas croire que Siclo n’organise pas des dîners regroupant toute l’entreprise !


Siclo est une entreprise remarquable qui sait tirer le meilleur des spécificités culturelles. La culture d’entreprise a été longtemps pensée. L’aspect collaboratif et les remerciements sont aussi présents dans le processus de recrutement. En effet, si un collaborateur présente une potentielle recrue et que celle-ci est employée, il se voit gratifié d’une récompense. Pour le coup, ce n’est pas un taco mais une prime. Un ingénieux équilibre semble avoir été trouvé, même si, comme nous le souligne Eric, la culture d’entreprise ne cesse d’évoluer.


Pour la suite, nous espérons que tout va rouler comme sur des roulettes ! Il est maintenant temps pour nous de quitter le Vietnam et de nous envoler vers Singapour où nous faisons une rapide pause afin de visiter deux entreprises avant de nous diriger vers la terre natale des kangourous.



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