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  • Génération 2

Palo IT : une halte sur notre chemin pour Palo Alto

Mis à jour : 22 mai 2019

A peine descendus de l’avion en provenance d’Ho Chi Minh, nous nous rendons chez Palo IT où nous sommes accueillis par Jessica, Chief Happiness Officer. Situés dans le centre d’affaire, les bureaux Singapouriens de ce cabinet de conseil et de développement de logiciels sont les plus importants des 5 implantations de Palo IT, ils regroupent 130 personnes. L’entreprise grandit très vite mais cette croissance ne doit pas mettre de côté la culture.


Se revendiquant d’une culture collaborative et apprenante, l’entreprise s’est structurée en « hives et swarms » (ruches et essaims). Chaque bureau est organisé en ruches, dont une est la ruche « support », qui, comme son nom l’indique regroupe les fonctions support. Chaque ruche opérationnelle est guidée par un « hive master - maître de la ruche » spécifiquement entraîné pour sa fonction. Quant au Swarm, l’essaim, c’est un rassemblement des collaborateurs de plusieurs ruches qui souhaitent travailler ensemble sur des projets de R&D, comme l’internet des objet, l’intelligence artificielle etc.


Créer un environnement de travail collaboratif, créatif et innovant, voilà l’un des objectifs quotidiens de notre interlocutrice. Néanmoins, comme nous l’explique Jessica, créer une telle culture au sein de l’entreprise n’est pas chose aisée, notamment du fait de son activité de conseil, les employés passent l’essentiel de leur temps en dehors de l’entreprise, chez les clients. Ainsi, pour gérer la communication interne, Palo IT utilise Slack, un outil que nous avons retrouvé dans plusieurs entreprises comme The Polyglot Group à Sydney.


Pour obtenir cette culture, Jessica cherche à faire se rencontrer et échanger les membres de Palo IT. Pour ce faire, l’une des premières étapes est donc d’inciter les employés à passer du temps au sein de l’entreprise. Pour cela l’entreprise met en place quelques pratiques simples. Là où de plus en plus d’organisations mettent à disposition des employés des ressources d’apprentissage en ligne, Palo IT a fait le choix de revenir au papier. Les employés qui veulent bénéficier de ces ouvrages doivent se rendre dans les locaux de l’entreprise pour choisir leur livre. Mais cela est loin d’être une motivation suffisante. L’entreprise organise aussi des « learning lunches » et des formations dans ses locaux, dans le cadre de la Palo IT Academy. Cela permet aux employés de retrouver leurs collègues, d’échanger entre eux et de progresser ensemble. Suivant le même objectif et cherchant à engager les collaborateurs, l’entreprise développe de plus en plus le concept de « gamification ». Parfois traduit en français par ludification, c’est-à-dire transformer des activités et le travail en jeu. Que l’activité entreprise soit sérieuse ou non, la gamification utilise la prédisposition humaine au jeu afin de favoriser le travail en équipe, la motivation et créer une ambiance de travail.

Ainsi, si vous participez à des bootcamps, à des séances de méditations, cours de pilates ou autres activités, vous engrangez des points qui seront convertis en dons pour des associations ou des ONG. L’entreprise organise aussi des « journées familles » où les employés peuvent présenter leur travail à leur famille, ou encore des journées de découverte du monde du digital pour les enfants. Aussi, une attention particulière est portée à la santé des employés : Palo IT fait venir des coachs privés, finance des abonnements à la salle de sport, il existe même un comité qui identifie les employés proies à des problèmes personnels (manque de sommeil, perte de poids) et propose une aide.



Il y a un an s’est tenu le « Smart Palo Event » à Phuket, le temps d’un week-end l’ensemble des employés s’est retrouvé autour d’ateliers afin de travailler à la construction de la culture et de l’organisation de Palo IT. À cette occasion les employés ont fait connaître leur besoin d’avoir leur mot à dire quant aux missions que l’entreprise acceptait et sur lesquels ils devront travailler. De cette réflexion est née l’Ethical Lab. Ce « Lab », composé d’employés volontaires de différentes ruches, est chargé de décider si oui ou non, l’entreprise doit accepter un contrat ou une mission donnée. Le lab ne discute pas de la profitabilité du contrat mais plutôt de son adéquation avec les valeurs des employés et de l’entreprise. Les employés ont donc la possibilité de refuser un contrat qui iraient à l’encontre de leurs principes.


Au cours du Smart Palo Event, la question de la transparence des salaires a aussi été soulevée. Si dans d’autres bureaux de Palo IT celle-ci est déjà présente, la question semble plus délicate dans le contexte de course folle aux salaires de la cité-état. Néanmoins, une équipe « test » a été mise en place il y a quelques mois. Les membres de l’équipe étaient libres de dévoiler ou non leur salaire. Jessica nous annonce que tous les membres de l’équipe ont décidé de le faire. Même s’il est un peu tôt pour en tirer des leçons, le premier sentiment suite à ce changement est que cette révélation transfert la « pression » du management aux collaborateurs. En effet, lorsque les salaires sont publics, si vous demandez une augmentation, ou que votre salaire est plus élevé que votre collègue, vous ne devrez plus seulement rendre des comptes à vos managers mais aussi à vos collègues qui travaillent avec vous au quotidien.


Gamification, culture collaborative à l’écoute de ses employés, il ne fait aucun doute que Palo IT n’est pas une entreprise tout à fait comme les autres et perturbe son secteur d’activité. Cela est d’autant plus intéressant qu’il nous a semblé que les entreprises singapouriennes restent très attachées aux structures organisationnelles classiques.




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