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  • Génération 2

Honeycombe : un ruche idée

Avant-dernière étape de notre voyage, nous sommes à Rio. Nous nous rendons dans le quartier de Santa Teresa pour découvrir abeLLha, un incubateur social destiné à accompagner vers l’entrepreneuriat les jeunes des favelas. Ana Julia et Maxim, les cofondateurs, travaillaient pour une entreprise reconnue au Brésil mais n’étaient plus en accord avec le fonctionnement de celle-ci. Maxim, qui nous reçoit, nous parle d’un choc des cultures. Dès lors, ils la quittent et décident de lancer leur application de recrutement. En parallèle, ils osent se demander « Si on avait 5 millions de réals qu’est-ce que l’on ferait avec ? » Réponse, ils incuberaient en parallèle de leur activité des projets à vocation sociale. Evidemment ils n’avaient pas ces millions mais se sont lancés quand même.


Au fur et à mesure qu’ils accueillaient de nouveaux projets, ils se sont aperçus de la difficulté pour beaucoup d’équipes de définir précisément leurs objectifs et de parvenir à les atteindre. Ils ont alors développé leur propre méthode : Honeycomb.


Honeycomb est un outil de gestion de stratégie et projet pour les entreprises. Il a pour but de permettre aux équipes de définir clairement leurs objectifs, de se concentrer dessus et de gagner en transparence. Tout le monde sait qui est responsable de quoi, des avancées et des tâches à venir. Ses créateurs définissent Honeycomb comme un mélange entre les OKRs -Objective Key Results- et l’holacracy, deux méthodes que nous avons déjà croisées, la première chez Tenant&Partner (Suède) et la seconde chez Zappos (Etats-Unis). En clair qu’est-ce que cela donne ? La méthodologie Honeycomb reprend la structure de l’holacracy, c’est-à-dire une structure horizontale et collaborative qui fonctionne en total transparence et y ajoute la méthode OKR.


- La stratégie


Honeycomb permet de clarifier la stratégie de l’entreprise. Elle fonctionne avec des cycles. En début de cycle, l’ensemble des employés décide de la mission, puis fixe les objectifs à atteindre pour y répondre. Ensuite, ils définissent l’ensemble des résultats clés et des tâches à accomplir pour chaque objectif, conformément à la méthode OKR. Chaque semaine, ils se réunissent pour faire le point sur l’avancée des objectifs et les réajuster en cas de besoin. Aussi, la stratégie est régulièrement repensée : certains utilisateurs de l’outils ont des cycles qui durent 3 mois, d’autres 6 semaines.


- Les rôles et les responsabilités


Ce point est celui qui fait toute la spécificité d’Honeycomb. Une fois les tâches à accomplir définies, il faut désigner une personne responsable pour chaque tâche. Mais comment choisir qui fait quoi ? Vaut-il mieux une personne motivée mais pas forcément compétente ? Ou alors une personne compétente mais pas motivée ? Honeycomb permet de résoudre ce dilemme. Tous les mois, les employés renseignent 2 indicateurs pour chacune des tâches à effectuer : sa motivation et son niveau de compétence sur une échelle de 1 à 3. On discute ensuite de qui prendra le point. Si une personne est très motivée pour effectuer une tâche mais pas suffisamment qualifiée, elle sera accompagnée et formée par une personne plus compétente. Au contraire, si une personne est qualifiée mais peu motivée par la tâche à réaliser, tout le monde sera au courant de sa situation et ses collègues seront plus à même de l’accompagner. On renforce ainsi l’entraide, la compassion et on limite les tensions inutiles au sein de l’entreprise. Tous les mois, les rôles sont revus afin de s’assurer que chacun conserve la même motivation pour les missions à effectuer.


Enfin la plateforme, ne permet pas d’attribuer une tâche à quelqu’un. Il faut que ce soit la personne qui s’inscrive elle-même pour l’effectuer. Dès lors, personne ne se voit imposer quelque chose qu’il ne souhaite pas faire. Si la personne fait la démarche d’accepter la tâche, elle en accepte aussi la responsabilité et devra rendre des comptes si elle ne l’effectue pas correctement ou pas dans les temps. Maxim affirme toutefois qu’il peut arriver que personne ne soit motivée pour effectuer une tâche particulière, dans ce cas-là, après concertation, le plus qualifié effectuera la mission qui doit être faite.


- Les personnes


L’ensemble des actions menées est visible par tout le monde. Chacun voit les avancées des tâches réalisées ou à venir et peut y prendre part. Cette transparence permet de créer une dynamique de groupe, de rassembler et de motiver les employés autour de la mission commune. Aussi, comme les collaborateurs savent le niveau de motivation et de compétence des personnes, cela permet de faciliter la compréhension et la communication entre les membres de l’équipe. Si la transparence est totale, cela n’empêche pas de définir une personne en tant que « chef d’orchestre » pour suivre certains points et être le dernier garant de l’avancée du projet.


La transparence et l’esprit collaboratif de l’holacracy auxquels s’ajoute la clarté des objectifs de l’OKR permet à l’entreprise de gagner en efficacité tout en facilitant la vie des collaborateurs qui se sentent davantage concernés et impliqués par l’ensemble de la stratégie de l’entreprise. Si Honeycomb est jeune, elle a déjà séduit des centaines d’utilisateurs allant de la petite start-up aux entreprises de plus de 800 employés.

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